Nous soulignons cette année le 800e anniversaire de la mort de saint François d’Assise. Celui-ci a laissé un héritage impérissable. À cette occasion, je propose à votre méditation cet extrait du livre « François d’Assise. Le retour à l’Évangile », Éloi Leclerc, pages 101-102.
Si le retour de François à l’Évangile, loin d’être étranger aux préoccupations de son temps, les rejoint et les assume, il ne s’inspire pas cependant d’une volonté réfléchie de réforme. De là sans doute cette clarté de source qui lui est propre. « Un vouloir particulier et réfléchi, remarque le P. Lippert, a presque toujours pour conséquence de troubler la vie, de la rendre moins pure. La volonté d’arriver coûte que coûte, de réformer, de protester, de combattre qui que ce soit, cette volonté est rarement exempte d’égoïsme et d’amour-propre, de violence et de dureté de cœur; voilà pourquoi elle affaiblit et salit la vie pour laquelle elle prétend lutter. Là au contraire où la vie véritable et jaillissante peut rester pleinement elle-même, où elle peut affirmer, construire, bénir et donner, elle jouit d’une incroyable liberté… »
Ceci nous amène à nous poser la question: « Quel est donc le ressort caché de la démarche évangélique de François? Qu’est-ce qui lui donne cette liberté, cette légèreté et, pour tout dire, cette allégresse? » Le romancier Émile Zola disait qu’« il n’y a que deux voies pour l’écrivain: la satire et le cantique ». Cela est vrai aussi de celui qui prétend revenir à l’Évangile. Sa démarche peut être celle du pamphlétaire qui dénonce et discrédite l’Église « établie », au nom de la pureté retrouvée, ou bien celle du poète qui célèbre une expérience d’émerveillement. Cette deuxième voie fut celle de François d’Assise. La grâce particulière du Poverello n’est pas d’avoir retrouvé l’Évangile de la pauvreté – d’autres l’ont fait à son époque – mais c’est de l’avoir retrouvé en même temps que l’Évangile du cantique et de l’action de grâce. Chez lui, l’Évangile de la pauvreté est aussi celui du cantique. François est un pauvre qui chante.
Nous aussi, laissons chanter la vie qui nous habite, qu’elle jaillisse en nous librement, comme une source. Partageons entre nous ce qui nous fait vivre.
Je vous aime et vous bénis.
Nicolas Tremblay, prêtre du Seigneur.

