Comment vivre l’épreuve d’être « privé » de la messe ?

Homme avec Smartphone YouTube Miniature

Je suis de retour de vacances, principalement d’hermitage. Nous sommes de nouveau dans un temps de confinement et nos églises sont à nouveau fermées. Plusieurs d’entre vous ne sont pas retournées à l’église depuis mars dernier. J’aimerais aujourd’hui partager avec vous quelques mots sur la manière chrétienne de vivre l’épreuve.

 

Quatre dimensions sont importantes dans la manière chrétienne de vivre l’épreuve

Quatre dimensions sont importantes dans la manière chrétienne de vivre l’épreuve : la solidarité, l’offrande, l’espérance, et la charité active et créative.

La solidarité

S’il est difficile de vivre l’épreuve d’être privés de la messe, il faut nous rappeler que nous ne sommes pas seuls dans cette épreuve. Actuellement, des millions de baptisés, chez nous et partout à travers le monde, sont privés de la célébration de l’eucharistie. C’est important de ne pas nous centrer sur nous-mêmes, mais de nous tourner vers les autres qui vivent l’épreuve, en solidarité avec eux. D’autres baptisés sont privés d’eucharistie depuis des années, soit par manque de transport, soit parce que le régime politique en place interdit les rassemblements chrétiens. Parfois, leur vie est en péril s’ils essaient de se rendre à la messe. On oublie ça souvent, et cette épreuve est une belle occasion pour nous d’être solidaires avec tous ceux qui sont privés de l’eucharistie, aujourd’hui, partout à travers le monde.

Cette solidarité que l’on vit, c’est une solidarité à la manière de Jésus, qui s’est fait solidaire de notre humanité. La Parole était au Ciel, il était bien, auprès de son Père, dans la gloire céleste, et Il a choisi de quitter le Ciel pour venir partager notre vie humaine. Il s’est fait l’un d’entre nous, parfaitement semblable à nous, et surtout, il est venu partager nos épreuves. Il a partagé nos difficultés de la vie quotidienne, jusqu’à la Passion, jusqu’à l’injuste condamnation, à la flagellation, la mort sur la croix. Nous pouvons vivre l’épreuve, donc, en solidarité avec les autres et avec Jésus, qui s’est fait solidaire de notre humanité.

L’offrande

La manière chrétienne de vivre l’épreuve est d’entrer dans ce mystère d’offrande, qui est le coeur de l’eucharistie. L’eucharistie, c’est le mémorial de la Passion, de la mort et de la Résurrection de Jésus. Quand on célèbre l’eucharistie, on n’y pense pas toujours, mais on s’unit sacramentellement à la mort et à la résurrection de Jésus. Il a vécu l’épreuve de la Passion et de la mort dans une attitude d’offrande au Père. Il s’est livré lui-même tout entier au Père à travers cette épreuve. Célébrer l’eucharistie, c’est s’unir à Jésus. La première messe, la véritable messe, c’est celle qui s’est vécue sur la croix. On disait autrefois (et c’est encore vrai aujourd’hui) que, sur la croix, Jésus est à lui seul l’autel, le prêtre et la victime. C’est une expression pour dire ce que c’était, que cette première messe.

Alors il se passe quelque chose de très beau dans ce qu’on vit présentement. En ne pouvant pas aller à l’église pour célébrer la messe, en vivant cette épreuve d’être privés de l’eucharistie, nous sommes obligés d’entrer dans ce retournement sacramentel où nous devenons nous-même Eucharistie. Puisque nous ne pouvons pas célébrer la messe dans un sacrement, nous sommes obligés de devenir nous-mêmes ce sacrement, cette offrande. Au lieu de recevoir Jésus dans la communion eucharistique, à travers l’hostie, c’est nous qui devenos l’hostie par l’accueil de notre épreuve, en union à Jésus, et l’offrande au Père de cette épreuve. Cela veut dire, mes amis, que nous ne sommes jamais privés de l’eucharistie. JAMAIS! Sauf par notre négligence personnelle, bien sûr…

Par notre paresse, notre négligence on peut être privés de l’eucharistie. Mais jamais d’autres peuvent nous priver de l’eucharistie. Soit on va à la messe, ou si on en est empêchés par l’extérieur, sans que ce soit de notre propre faute, alors on vit cette épreuve en union à Jésus et on devient l’eucharistie. C’est ce qu’on est invités à vivre, entre autres le dimanche. Si on ne peut pas aller à l’eucharistie, on peut à tout le moins entrer dans le mouvement de l’eucharistie en regardant la messe à la télé, on peut partager la Parole de Dieu, etc, mais on devient nous-mêmes « eucharistie » ; on n’est pas en attente.

manière chrétienne de vivre l'épreuve
Source image : mathieubinette.info

Des fois, on célébrait à l’église, quand on n’avait pas la messe, des ADACE, c’est-à-dire des Assemblées Dominicales en Attente de Célébration Eucharistique. C’est bien, c’est très très bien, pourvu que notre attitude n’en soit pas seulement une d’attente de la messe, mais plutôt d’une attente synonyme d’espérance.

L’espérance

L’épreuve, on la vit dans l’espérance de la Résurrection. On n’espère donc pas un retour à ce qui était avant, mais qu’au-delà de l’épreuve il y aura un monde meilleur. Lorsque Jésus ressuscite, il n’est pas réanimé, il ne revient pas à la vie comme Lazare (Jn 11, 1-44). Lazare est ramené à la même vie qu’il avait avant. Pas Jésus. Au-delà de la Passion et de la mort de Jésus, il y a une vie nouvelle. Je vous en parle souvent depuis les derniers quelques mois : notre espérance chrétienne n’est évidemment pas de revenir comme c’était avant la pandémie, mais c’Est plutôt cette certitude qu’au-delà de l’épreuve qu’on vit présentement, il y a un monde nouveau, un monde meilleur. Nous croyons que le Royaume de Dieu est en croissance. C’est ça, l’espérance chrétienne : l’espérance qu’on va toujours vers un monde nouveau, meilleur.

On n’a pas de difficulté à le comprendre quand il s’agit de Jésus : sa vie est bien plus belle après son épreuve qu’avant celle-ci, c’est clair. On n’a pas trop de misère à le comprendre quand il est question de la vie après la mort. Mais on hésite parfois à le croire en ce qui concerne notre vie présente : au-delà de l’épreuve il y a une vie plus belle. C’est important, mes amis, qu’on en soit convaincusparce que nous avons à faire en sorte que cela advienne.

La charité active et créative

Nous n’attendons pas passivement que passe l’épreuve et qu’il y ait un monde plus beau : nous allons y contribuer. Qu’est-ce que, moi, je fais présentement pour contribuer à ce qu’après cette épreuve-là advienne ce monde nouveau que nous espérons? En tant que chrétiens, nous préparons déjà l’après COVID, en faisant en sorte que ce qu’on retrouve après la COVID soit un monde plus beau.

Conclusion

La manière chrétienne de vivre l’épreuve consiste à vivre cette privation en solidarité avec l’humanité, mais en solidarité surtout avec Jésus, en entrant dans ce mystère d’offrande où je deviens Eucharistie, et ce faisant, j’ai cette certitude que la vie du monde est transformée, et que nous travaillons, ensemble, dans la charité, à faire en sorte que ce monde plus beau advienne.

Je vous invite à partager ici, sur cette page, ce que vous vivez, ce que vous voyez du Royaume de Dieu en croissance, ce que vous faites pour que ce Royaume de Dieu soit en croissance et, en particulier, ce que vous faites de vos dimanches privés d’eucharistie.

 

Laisser un commentaire

Votre adresse courriel ne sera pas publiée.

Partager cet article

Lisez aussi